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 tests salivaires

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djidji

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Localisation : LBN 74 HAUTE SAVOIE
Date d'inscription : 28/11/2006

MessageSujet: tests salivaires   Mar 23 Déc - 21:52

Suite de la fin de soirée mouvementé de Samedi (et au départ dimanche !) et à la demande d’Etouf, j’ai décidé de faire un petit récapitulatif sur les moyens de détection du THC et de ses métabolites dans l’organisme, comment ca marche, quelles sont les durées et seuils de détections, lesquelles sont fiables, quelques aspects réglementaires,…


Après inhalation, 15 à 50 % du THC présent dans la fumée sont absorbés et passent dans le sang. Au niveau du foie, le THC est métabolisé en 11-hydroxy-THC (ou 11 OH-THC), puis en acide 11-nor-THC carboxylique (THC-COOH). C’est généralement cet acide THC-COOH qui permet la détection.



Tout d’abord, il existe essentiellement 3 méthodes de détection du THC : dans la salive, dans les urines et dans le sang.
Dans la salive : il s’agit d’une technique d’immunochromatographie. Elle permet la détection du THC à partir d’un certain seuil de détection minima (15 ng/ml) [1] mais ne permettent pas le dosage. Ces tests n’ont aucune valeur légale, dans tous les cas une prise de sang (dosage par CG-SM) doit être alors réalisée.



Dans les urines : il s’agit d’une technique d’immunochromatographie, effectué en quelques minutes, et permet la détection du THC à partir d’un certain seuil de détection minima (50 ng/ml) [1] mais ne permet pas non plus le dosage. Contrairement aux tests salivaires, ces tests urinaires ne peuvent être logiquement réalisés que par du personnel médical. Ils n’ont eux aussi aucune valeur légale, dans tous les cas une prise de sang (dosage par CG-SM) doit être alors réalisée.





Le dosage du THC dans les urines peut également être effectué par immunoanalyse (réalisé sur automate à l’hôpital) qui est dans ce cas plus sensible (seuil de détection de 20 ng/ml).
Dans le sang : les 2 techniques de référence (ayant une valeur légale) sont : la « chromatographie en phase liquide haute performance couplée à une barrette de diodes » et la « chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (CG-SM) » [1]. Ces techniques sont extrêmement sensibles et spécifiques et permettent de détecter le THC à partir de 0.5-1 ng/ml de sang [1].
Dans les cheveux : Cette technique très sensible est très peu utilisée car très couteuse mais permet de détecter des traces de THC pendant plusieurs mois.

PS : ng = nanogrammes = 0.000000001 gramme

Pharmacocinétique du THC [2]:
Par inhalation, la biodisponibilité du THC est en moyenne de 30 %. Après une cigarette, contenant 3,55 % de THC, le pic plasmatique (dans le sang) obtenu environ dix minutes après l’inhalation est voisin de 160 ng/mL.
La décroissance sanguine du THC est très rapide. Le THC subit ensuite une intense séquestration dans les graisses corporelles, principaux sites de stockage. Cette pharmacocinétique particulière explique qu’il n’y a pas de lien étroit entre la concentration sanguine en THC et les effets engendrés, contrairement à ce que l’on observe pour l’alcool (éthanol).

L’élimination du THC et de ses nombreux métabolites dont le principal est le THC-COOH se fait essentiellement dans les selles (65 à 80%) et dans les urines (20 à 35%) pendant plusieurs semaines.
Avec un examen de dépistage urinaire par immunoanalyse (réalisé sur automate à l'hopital) sensible au seuil de 20 ng/L, le premier résultat urinaire négatif est en moyenne constaté à 8,5 jours (de trois à 18 jours) pour des consommateurs occasionnels et à 19,1 jours (de trois à 46 jours) pour des consommateurs réguliers. Chez de gros consommateurs des résultats peuvent être positifs par immunoanalyse pendant 95 jours.
Cependant, une analyse urinaire positive peut succéder à une analyse négative sans que dans l’intervalle il y ait eu consommation de cannabis (ceci est du au stockage dans les graisses). Dans ce cas la preuve peut être apportée par un dosage sanguin du THC.

Avec un examen de dépistage urinaire par test rapide d’immunochromatographie, le premier résultat urinaire négatif peut s’étendre de quelques jours à quelques mois selon la consommation (voir photo ci dessous).



Dans le cas de dépistage sanguin par CG-SM, le premier résultat négatif est en moyenne constaté à 3.5 jour chez les fumeurs occasionnels et à 6.5 jours pour les gros consommateurs.



Dans la salive, les cannabinoïdes ne sont pas ou peu excrétés, mais leur voie d’administration étant quasiment toujours buccale, le THC est détectable dans ce milieu pendant plusieurs heures, suite à la contamination buccale par la fumée inhalée (et non d'une sécrétion depuis le compartiment sanguin).
Le THC reste détectable dans la salive durant 2 à 3 heures en moyenne mais peut toutefois atteindre 6 heures dans certains cas. (Le 11-OH-THC et le THC-COOH ne sont jamais retrouvés dans la salive).
Dans des conditions extrêmes (habitacle de voiture), une contamination passive de la salive (venant d'un fumeur chez un non-fumeur) pendant environ 30 min peut être observée.

Tests salivaires DRUGWIPE [3] : (d’après ce que j’ai trouvé ce sont ceux utilisés par les flics en France)
Dans le cadre du projet européen ROSITA-2, les conducteurs soupçonnés d'être sous l'influence d'une substance psycho-active ont été arrêtés par les forces de l'ordre et soumis à une batterie de tests et prélèvements (urine, sang, salive) en parallèle, un Drugwipe était associé.
Soixante et un conducteurs ont fait l'objet d'investigations. Si les résultats du Drugwipe sont satisfaisants pour les opiacés, la cocaine et les dérivés des amphétamines, il n'en n'est pas de même pour le cannabis.
Le Drugwipe a identifié 1 conducteur consommateur de cannabis, alors que la méthode de référence en retrouvait 18, à des concentrations variant de 2,1 à 205,1 ng/ml (la plupart des concentrations étaient de l'ordre de 10 à 50 ng/ml).
Par exemple, l'inefficacité du Drugwipe (résultat négatif) était flagrante sur un sujet qui avait fumé pour la dernière fois 30 minutes avant le contrôle.
Cette étude à permis de déterminer la sensibilité du test 0-70% et sa spécificité 70-100%.

Le tableau ci-dessous issus de l’étude ROSITA 2 [4] répertorie tous les tests salivaires sur le marché, et donne les sensibilités, spécificités, les TP, TN, FP, FN. On compare ici les résultats obtenus avec le test rapide et ceux obtenus avec la technique de référence (CG-SM) dans le sang.
TP=Vrai positif= test rapide positif et avec la technique de référence positif
TN=Vrai négatif= test rapide négatif et avec la technique de référence négatif
FP=Faux positif= test rapide positif mais avec la technique de référence négatif
FN=Faux négatif= test rapide négatif mais avec la technique de référence positif






Comment fausser la détection salivaire:
-Tout d’abord éviter de prendre le volant 2 à 3h après avoir fumé
- Soigner votre look, la tête et l'apparence,…lol…du moins le mieux possible
-Comme on l’a vu, le THC n’est pas excrété dans la salive mais sont détectable suite à la contamination buccale par la fumée inhalée.
Donc comme le THC est lipophile, tous les liquides hydrophiles tel que l’eau ou les boissons servent à rien.
- Bien se brosser les dents avec une bonne dose de dentifrice. Bain de bouche avec un antiseptique ou avec une solution huileuse. (Ces informations sont à vérifier, je vais me renseigner pour en savoir plus)

Aspects réglementaires [5] :

Jusqu'à présent la procédure de dépistage des stupéfiants prévoyait de renseigner trois fiches. Une fiche "D"décrivait les circonstances du dépistage, une fiche "E" l'état physique de la personne contrôlée en cas de dépistage positif, une fiche "F" les résultats de l'analyse sanguine (art. R.235-4 anc. et arr. 5 sept. 2001, art. 16). Une copie de ces fiches devait être "immédiatement remise aux conducteurs ayant subi les épreuves de dépistage".
C'est cette obligation d'information des conducteurs qui disparaît aujourd'hui.
En matière de dépistage de l'état alcoolique, la transmission des fiches à l'intéressé n'est pas obligatoire mais ce dernier peut en demander communication au procureur de la République.
Mais dans la cas de dépistage de THC, la nouvelle rédaction prive le conducteur de tout pouvoir de vérification ou de contestation.

BIBLIOGRAPHIE :
(pour la télécharger, fichier zip de 1,1 Mo : http://dl.free.fr/rZ4bow8ma )

[1] Journal Officiel de la république française, Arrêté du 24 juillet 2008
[2] Delta-9-tetrahydrocannabinol pharmacokinetics, J.-P. Goulléa, E. Saussereaua, C. Lacroix, 2008 Elsevier Masson SAS
[3] Cannabis et détection salivaire, Pascal Kintz, X'pertise Consulting, Laboratoire ChemTox
[4] ROSITA 2, Chapter 13. Evaluation of rapid Point-of collection oral fluid testing devices
[5] Dépistage des stupéfiants au volant - décret d'application Décret n° 2003-293 du 31 mars 2003 relatif à la sécurité routière et modifiant le code de procédure pénale et le code de la route, JO, n°77, 1er avr. 2003, p. 5702 (NOR : EQUS0300583D)

Rapport Dépistage THC, CaD
le 28/10/08
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rob1
skizomod'
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Nombre de messages : 302
Localisation : gre
Date d'inscription : 01/07/2007

MessageSujet: Re: tests salivaires   Mer 24 Déc - 12:50

merci pour ces précisions!

ps: boire ou méfu il faut choisir... lol!
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tests salivaires
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